LE LEAN MANAGEMENT : qu’est-ce que c’est ? Quels sont ses objectifs et avantages ? Quels sont ses différents outils ?

Lean management

A la fin de la deuxième guerre mondiale est apparu au Japon, dans les usines Toyota, une nouvelle forme d’organisation du travail. On a parlé dans un premier temps de Toyotisme, il correspondait à la nouvelle organisation du travail visant à supprimer, dans les processus, toutes les tâches superflues n’apportant aucune valeur ajoutée au produit final. C’est donc Toyota qui, à partir des années 40, a posé les bases du Lean management. Le succès de cette nouvelle forme d’organisation a permis à la pensée Lean de se développer dans plusieurs industries.

C’est James P. Womack, expert en management, qui en 1988, a été le premier à parler de Lean Manufacturing.

Plus concrètement, en quoi consiste le lean management, quels sont les objectifs et avantages, quels sont les différents outils ?

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En quoi consiste le Lean management ?

Définition du Lean management

Le lean management, d’après la définition de l’institut éponyme (Lean Management Institute), consiste à créer de la valeur ajoutée avec le minimum de ressources et en évitant les gaspillages. C’est une pratique qui repose sur une expérimentation continue qui vise la parfaite optimisation des facteurs de production. En d’autres termes, c’est une méthode de management qui vise à améliorer les performances de l’entreprise par la recherche de conditions de fonctionnement idéales en optimisant l’utilisation des ressources de production et en limitant au maximum le gaspillage. Deux objectifs sont intrinsèquement liés à cette méthode : la satisfaction finale du client ainsi que l’épanouissement et le succès de chaque employé.

Afin de mettre en place un système de management lean efficace au sein de l’entreprise, il convient de s’appuyer sur 5 principes qui constituent les piliers de toute démarche lean.

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Les 5 principes de base du Lean Management

On distingue traditionnellement 5 principes de base à respecter pour mettre en place un lean management efficace :

  • Identifier la valeur : les marchés étant de plus en plus concurrentiels, les besoins et usages des clients constamment évolutifs, comprendre et appréhender les besoins du client est un enjeu crucial du lean management. Il s’agit de comprendre ce qui plaît aux clients afin de spécifier la valeur du bien ou service que l’on veut offrir tout en garantissant un haut niveau de qualité.
  • Cartographier la chaîne de valeur : à ce stade, il faut cartographier tout le flux de travail. C’est-à-dire qu’il faut cartographier les actions, tâches et personnes impliquées dans le processus de fabrication du produit. Une fois cette étape réalisée, il sera plus évident de détecter les tâches qui n’apportent pas de valeur ajoutée ou qui sont source de gaspillage.
  • Créer un flux de travail continue : une fois la chaîne de valeur définie, l’étape d’après consiste à garantir une fluidité des différents flux et à éviter les goulots d’étranglement et les interruptions.
  • Créer un système de traction : en d’autres mots, la production est drivée par la demande. La capacité de production ne sera mobilisée que pour répondre à un besoin réel et concret, par exemple une commande. Le principe du juste à temps prend ici toute son importance. L’enjeu est de ne produire que ce qui est demandé, à la quantité demandée, quand c’est demandé. L’objectif est de réduire les délais entre la commande du client et la livraison du produit ou service final.
  • L’amélioration continue : sans doute une des phases les plus importantes. En effet une fois le système de lean management construit, il faut avoir en tête que c’est un processus continu et qu’il faut savoir analyser l’existant le comparer aux objectifs de performance et être force de proposition quant aux futures améliorations. Notons aussi que pour réussir sa transformation lean, il faut savoir impliquer toutes les couches hiérarchiques de l’entreprise, le lean management étant avant tout un travail de terrain.

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Quels sont les différents outils du lean management?

Le lean management est avant tout un processus d’expérimentation et d’apprentissage et doit fédérer l’ensemble du personnel. Pour le mener à bien, une multitude d’outils sont à disposition pour assister les dirigeants tel le management visuel, le lean software, etc. Nous allons en voir quelques-uns :

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Méthode des 5S

C’est une méthode qui nous vient du Japon, elle vise à mieux organiser le poste de travail de l’employé. L’idée est qu’un espace de travail bien rangé et aménagé améliore significativement la productivité et la qualité des produits. Par ailleurs, cette méthode permet de diminuer les pertes matérielles, d’éviter les risques d’accident tout en garantissant un environnement de travail agréable et sécurisé. Les 5 S correspondent à cinq opérations à réaliser :

  • Seiri : se débarrasser de l’inutile
  • Seiso : faire scintiller, gagner en propreté
  • Seito : organiser au mieux son lieu de travail
  • Seiketsu : standardiser les règles
  • Shitsuke : suivre les améliorations

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Le KAIZEN

On peut traduire le terme Kaizen par amélioration continue. Il s’agit en effet d’une philosophie d’amélioration continue basée sur un mode coopératif en prenant soin d’éviter toutes les mesures radicales et brusques. A l’instar des 5S, le kaizen est originaire du Japon, c’est plus une philosophie d’amélioration qu’un outil ou méthode et sa réussite est liée à l’implication de tous. L’objectif est d’embarquer chaque salarié dans la recherche continue d’amélioration et in fine d’améliorer le processus au global. Un des principes sous-jacents du Kaizen est la roue de Deming ou PDCA :

  • Plan : planifier l’ensemble des actions à lancer
  • Do : exécuter les actions planifiées en amont
  • Check : contrôler et vérifier les résultats des actions
  • Act : corriger si nécessaire, améliorer et réitérer le processus

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Les Six Sigma

C’est une méthode développée chez Motorola en 1986 et qui a pour objectif l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des processus. Elle vise à réduire la variabilité d’un processus afin d’atteindre le niveau de défaut maximum accepté par le client : moins de déchets, de non-qualité, etc. Les avantages de cette méthode sont nombreux : réduction des défauts, amélioration du rendement et de la performance, prise de décision orientée strictement client, etc. Cette méthode s’appuie sur la démarche DMAIC :

  • Define : mesurer la non-satisfaction du client, identifier et analyser le problème
  • Measure : objectiver le problème par une mesure fiable au moyen d’indicateurs
  • Analyse : rechercher les causes et racines du problème par une analyse du processus
  • Improve : définir une solution et éliminer le problème
  • Control : vérifier que le problème est résolu et que le client final est satisfait

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Ce qu’il faut retenir sur le lean management

Dans l’optique de satisfaire au mieux les exigences des clients et d’améliorer leurs performances, les entreprises sous le lead des multinationales japonaises, ont mis en place de nouvelles formes d’organisation du travail. Le lean management est donc un héritage du toyotisme et son domaine d’application s’est étendu à des secteurs autres que l’automobile. Ces nouveaux modes de gestion d’entreprise ont permis des gains énormes en termes de productivité et d’efficacité tout en favorisant une implication de l’ensemble des employés.

De nos jours, ces modes d’organisation ont été optimisés et la plupart des tâches automatisées. Une autre tendance du moment consiste à externaliser certains processus, comme l’externalisation comptable par exemple.

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